Vendredi 03 mars 2023, librairie, 18h : Laurence Chaudouët et Patrick Prunet

Dans le cadre de nos rencontres "cohabitation_humains_animaux" présentées et animées par Patrick Prunet, directeur de recherche à L'Inrae, nous recevons l'écrivaine Laurence Chaudouët qui vient discuter de son dernier livre :


"Qui dira l’épouvante – totale, imparable – de l’animal qui comprend, car il le comprend, qui sait que ces hommes qui l’entourent sont ses bourreaux ? Certains disent – parce qu’il ne bouge pas – qu’il ne comprend pas ce qui va lui arriver. Mais les éleveurs, eux, le savent bien : ils comprennent parfaitement et qui a vu l’œil d’un bœuf à l’abattoir, avant la mise à mort, l’a senti jusqu’au fond de son être.

Quelle serait notre terreur si nous arrivions parqués dans des camions, dans des bâtiments où l’odeur du sang et de la mort est partout, où nous la ressentions avec nos tripes, pour finir par agoniser pendant de longues minutes dans l’indifférence généralisée ?

Alors je pose la question : sommes-nous absolument inconscients ou endurcis, ou bien est-ce que nous voulons à tout prix nous dissocier de ce que nous voyons, prétendre que nous n’avons rien à voir avec ce qui est pourtant notre terreur commune, ce que nous partageons profondément avec les bêtes, notre volonté de vivre et notre peur de la mort ?", Laurence Chaudouët.


-"Le monopole du sensible - Réflexion sur notre rapport à l'animal", Laurence Chaudouët, éditions le Temps qui passe, 2022

Jeudi 2 mars 2023, Jeu de Paume (en face de la librairie), 18h : Marion Craheix

Les discours autour et sur l'intersectionnalité finiraient-ils par étouffer, voire réfuter, les possibilités et l'existence même d'un féminisme noir ? Le livre de Jennifer C. Nash sera présenté par son éditrice Marion Craheix, fondatrice d'Aldéia.


-"Réinventer le Féminisme noir, au-delà de l’intersectionnalité", Jennifer C. Nash, éditions Aldéia, 2022

Jeudi 02 février 2023, Jeu de Paume (en face de la librairie), 18h : Claude Serfati

Une quatrième de couverture tout à fait explicite sur le contenu de cet ouvrage d'un "spécialiste" du complexe militaro-industriel français :

"La mondialisation n’est pas un processus heureux et pacifique : la compétition économique et territoriale entre les États suscite des conflits sur toute la planète. La France joue sa partition dans cette évolution délétère, qui a mené plus de 115 interventions militaires depuis la disparition de l’URSS pour maintenir son rang de plus en plus contesté de puissance internationale. Avec quelles conséquences ? Elle a fait de la vente d’armes et du nucléaire les derniers leviers de sa politique industrielle, au détriment de secteurs autrement utiles à la population. En s’arrogeant les questions de défense nationale, les présidents successifs ont accentué les traits autoritaires de la Ve République, un régime façonné par des coups de force militaires. L’armée française est aujourd’hui présente dans les rues, dans les Conseils de défense sanitaire, et partout sur le globe où les intérêts de Total, Bolloré et consorts la mènent. Les lois liberticides se suivent, donnant plus de pouvoir à l’Administration et à la police, hors de tout contrôle démocratique. Au nom de la lutte contre le terrorisme, on traque, on fiche et on malmène tous azimuts les musulmans, les habitants des quartiers populaires, les syndicalistes, les militants écologistes, tandis que des officiers signent des « tribunes » menaçantes…

À l’ère de la mondialisation armée, l’État français s’est radicalisé."


>> Extraits


-"L'État radicalisé - La France à l'ère de la mondialisation armée", Claude Serfati, éditions La Fabrique, 2022

Jeudi 26 janvier 2023, Jeu de Paume (en face de la librairie), 18h : Fabienne Serbah Le Jeannic 

"Meursault eut juste le temps d’attraper le tram qui filait vers le port. La prison de Barberousse où il avait passé ces deux dernières années s’effaça derrière lui dans l’aveuglante lumière de ce matin d’août."

L'auteure imagine le sort du protagoniste de L'étranger d'Albert Camus en admettant que celui-ci n'ait pas été guillotiné. Elle décrit son existence entre 1945 et 1973, interrogeant l'histoire de l'après-guerre et la décolonisation de l'Algérie, dans le Paris populaire et celui de mai 1968.


-"Messali", Fabienne Serbah Le Jeannic, éditions Diabase, 2022

Vendredi 20 janvier 2023, librairie, à partir de 17h : Les Nuits de la lecture (thème : la peur)

La librairie ouvre ses portes, générations confondues, à celleux qui souhaitent partager la lecture, l'analyse ou les ressentis d'un livre choisi dans nos rayons.

Un verre de thé, des fruits de saison participeront de la convivialité du moment..

                                 

Jeudi 19 janvier 2023, Jeu de Paume (en face de la librairie), 18h : Paul Rocher


Jeudi 19 janvier 2023, Jeu de Paume (en face de la librairie), 18h : Paul Rocher


"Avec l’essai « Que fait la police ? Et comment s’en passer », Paul Rocher analyse avec minutie l’emprise policière dans nos sociétés.

Deux ans après son premier essai intitulé « Gazer, mutiler, soumettre: politique de l’arme non létale » (2020), l’économiste Paul Rocher publie aux éditions La Fabrique une analyse approfondie du rôle de l’institution policière.


Une réfutation du « mythe policier »


A la suite de son étude sur le lien entre l’usage de plus en plus croissant des armes non létales (Nuages lacrymogènes, grenades de désencerclement, LBD 40…) et l’escalade de la violence lors des manifestations, Paul Rocher revient sur un certain nombre de présupposés qui sont au fondement du « mythe policier »  dans nos sociétés. En s’appuyant sur une pluralité d’études, l’objet de ce livre est de réfuter minutieusement les idées selon lesquelles la police empêcherait le crime et manquerait de moyens pour parvenir à cette fin. Par le biais d’une approche subtile et pluridisciplinaire des sciences humaines et sociales, Paul Rocher historicise l’institution policière en France et montre comment celle-ci est devenue omnipotente. 


Une autonomisation progressive de l’institution policière ? 


Ce livre rend compte de l’institutionnalisation de la police et de son autonomisation qui lui permet d’avoir une emprise de plus en plus croissante sur la société. Avec précision, l’auteur porte ainsi une grande attention à retracer le rôle historique de la police, qui avant l’apparition du capitalisme n’était pas nécessairement lié aux enjeux de maintien de l’ordre. A ses origines, la police était communautaire et pouvait s’occuper de tâches diverses comme l’enlèvement des encombrants, ou la lutte contre le vagabondage. Ce n’est qu’avec le développement du capitalisme à la fin du XIXème siècle, que la police se professionnalise et devient une institution à part entière chargé d’assurer l’ordre et de réprimer. Pour l’auteur, cette répression s’est profondément accentuée avec l’émergence du néolibéralisme, qui détricote l’État-providence et admoneste les corps qui se mobilisent contre les réformes entreprises par nos dirigeants. 


La professionnalisation progressive de la police ne s’est pas faite par hasard et sans conséquences. L’économiste montre que c’est principalement pour des intérêts privés et protéger l’ordre établi que la police se structure à partir du Second Empire. L’institution policière est donc d’abord construite dans les intérêts de la classe capitaliste dominante, qui est désireuse d’éviter toutes contestations. Progressivement cette institution va prendre une place de plus en plus importante, et jouer un rôle dans la déportation des Juifs durant la Shoah. Au travers des exemples de la Shoah, des banlieues et des manifestations des Gilets Jaunes, Paul Rocher retrace comment par la colonisation, l’impérialisme et le capitalisme, la police se construit contre une grande partie du peuple. L’auteur conteste ainsi les mots prononcés par le Président de la République Emmanuel Macron, qui soutenait que les montées des répressions racistes et violentes de la police étaient étroitement liées à une montée générale du racisme et des violences en France. 


Une réflexion sur le dépassement de l’institution policière 


Dans la dernière partie du livre, Paul Rocher soutient que nous pourrions nous passer de la police et qu’une autre façon d’assurer la sûreté dans nos sociétés est possible. Cette thèse que porte l’auteur et qui sert de sous-titre au livre s’appuie sur deux exemples : l’Irlande du Nord et l’Afrique du Sud. Rocher montre que dans ces deux cas, d’autres formes comme les comités de rue se sont structurés contre des formes d’institution racistes, ou ségrégationnistes. Avec ce dernier chapitre, Paul Rocher envisage une autre résolution aux problèmes que posent l’institution policière. 


L’intérêt du travail de Paul Rocher est d’apporter une réflexion nouvelle sur le rôle et le fonctionnement de l’institution policière. Une institution dont le racisme apparaît comme systémique et surdimensionnée par rapport aux nombres de crimes et de délits commis. Si les références sont multiples, convoquant sociologie, histoire, économie, la lecture de  « Que fait la police ? et comment s’en passer » n’est jamais hermétique. Ainsi, dans une langue claire, Rocher nous enjoint non seulement à dépasser les présupposés qui fondent l’idée que la police est une institution nécessaire, qui est au service de toute la société, mais également à réfléchir à d’autres formes de gestion des conflits indépendantes de l’appareil d’État. 


En plus de cette réflexion sur l’institution policière qui est disponible dans toutes nos librairies, nous vous invitons à découvrir le très saisissant documentaire Un pays qui se tient sage (2020) du journaliste David Dufresne", Samuel Fergombé, toutelaculture.com.


>> Extraits


-"Que fait la police ? Et comment s'en passer", éditions La Fabrique, 2022

Samedi 14 janvier 2023,  librairie, de 11h à 15H : Michel Rougier


En 2017, lors de l'inauguration de l'incubateur Station F (Xavier Niels, free) "le président néolibéral autoritaire français" Emmanuel Macron avait eu cette phrase à propos de l'espace dédié aux uppeurs : "un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien".

Michel Rougier, ancien journaliste de Ouest-France (localier et grand reporter), en gardera trace et utilisera la phrase comme titre de ce livre qui nous fait partager le meilleur de ses rencontres d'une vie de journaliste : des femmes et des hommes de toutes contrées, des cités de l’Ouest de la France aux villes et villages d’Afghanistan, d’Algérie, du Sahel, du Rwanda, de l’Inde ou du Brésil, qui déploient un courage et une ingéniosité infinis pour faire face à la misère, aux guerres et aux injustices d’un monde impitoyable.

L'ouvrage invite affuter son regard sur les petits paysans, ouvriers, migrants, "exclus", habitants des banlieues et des favelas. 

Ces gens qui ne sont rien ou qui seraient invisiblEs, comme ont pu dire d'autrEs, celleux dont nous avons découvert le rôle essentiel pendant les pandémies, rapidement oubliéEs, mais aujourd’hui à nouveau "en première ligne" des conséquences de choix économiques et climatiques.

Michel Rougier anime également le webzine histoiresordinaire.fr.


-"Les gens qui ne sont rien, voyage à l'intérieur des courages populaire", Michel Rougier, éditions Histoires Ordinaires, 2022

Vendredi 13 janvier 2023, librairie, 18h : Yves Teicher

Orchestrée par Jean-Claude Leroy cette rencontre-hommage autour du flamboyant  et protéiforme jazzman Yves Teicher (1962-2022) se lira  autour de son dernier recueil de poèmes, "J'ai dans le sang" :


"J’ai dans le sang
Et au travers de la gorge
Un phrasé Be-bop
Qui d’une cave enfumée
Est venu se faufiler jusqu’à moi
Oui !"

"Ce n’est qu’après sa mort qu’Yves Teicher (1962-2022) apparaît plus largement comme poète. On le connaissait comme un musicien de jazz épris de la poésie de Rimbaud aussi bien que de la musique de Charlie Parker, auquel il consacra une mémorable séance d’enregistrement (cf. Yves Teicher plays Charlie Parker, CD Intégral Classic, 2005). Il interpréta sur scène Une saison en enfer d’une manière fort expressive et soulignant de son libre violon l’extra et folle lucidité de l’enfant de Charleville. Il fut aussi l’ami du poète André Laude, auquel il rendit hommage à plusieurs reprises.
Nourri des accents rimbaldiens, mais aussi de Charles Cros et de Germain Nouveau, ou encore de Max Jacob et de Charles Trenet, il s’était mis à travailler l’écriture comme il avait travaillé son instrument, avec un acharnement de découvreur. Des origines catholiques et italiennes par sa mère, amie de nombreux artistes, dont certains jazzmen de grand talent ; juives et roumaines par son père, révolutionnaire d’ascendance trotskyste et pataphysicien de choc. Son enfance liégeoise à la fois misérable et pittoresque lui laisse de vibrantes nostalgies, si bien qu’il donne à ses vers la couleur du merveilleux, accolant des ailes à la souffrance, comme pour voler dans les airs avec elle. En tout cas, cette capacité d’émerveillement sera une grande force pour Yves Teicher, par ailleurs aux prises avec le monde froid d’un carriérisme qui lui restera étranger. Mais la révolte et la rage furent également au rendez-vous, d’où cette veine libertaire indéfectible et revendiquée ; sa poésie marie le jazz et la rêverie, la révolte et la sensualité, elle jaillit comme une voix déchirante qui surgirait du pentueux quartier de Pierreuse où il a grandi et aimait retourner
Qu'ont-ils donc tous ces robots,
Ces gens qui marchent dans la rue,
Les yeux délavés,
Boutonnés par la peur ?
Je les croise par milliers
Ces anciens enfants
Qu'ont-ils donc à donner d'eux-mêmes
Un spectacle aussi navrant ?
Plus de nez ni d'oreilles,
Plus de corps, de sexe vrai !
Plus de soleil levant, de soleil couchant,
Plus d'étoiles, d'aurores…
Dans leurs veines coule un sang vicié !
[p. 35]
Une poésie qui pétille comme une remémoration, c’est que l’auteur dispose d’un imaginaire saturé d’impressions fortes et d’étonnements jamais dilués, il fait surgir les mots et les aligne simplement, dévoilant un panorama où scintillent les douleurs et les joies arrêtées sur la page. Redeviennent présentes des séquences très probablement vécues, à la lettre ; avancer dans un tel recueil c’est ouvrir un à un les tiroirs d’une chambre ouverte sur le monde, le monde profus et paralysant des grandes personnes, qu’il faudra vaincre ou séduire, pour conserver intactes les prérogatives de la sensibilité.
Des tableaux de vie d’une grande fraîcheur, innocence parfois marquée de noir, mais un regard qui illumine et confère aux choses les plus quotidiennes, les plus naturelles, une aura qui rehausse le prix de l’existence. Un recueil unique, il n’y en aura pas d’autres, c’est un tombeau fabriqué par celui qui repose sous la dalle. Préfacé par son ami et complice Georges Boukoff, le volume se clôt sur une adresse de Nathanaël, un des enfants d’Yves Teicher, qui rend ici un bel hommage à son père. À propos de son écriture, il rappelle à juste titre que « c’est une poésie écrite pour être récitée, chantée, criée… », Jean-Claude Leroy.

-"Yves Teicher, J’ai dans le sang", éditions L’Harmattan, 2022

Jeudi 15 décembre 2022, librairie, 18h : Kev la Raj

Raconteur d’histoires à ses heures gagnées, thérapeute des corps en liberté. Les mots ? 

Des bienfaiteurs, des facilitateurs dont il se sert pour raconter les pieds et les maux qu’il soigne, les impressions qu’il garde, les gens aperçus en route, paysages, situations, au quatre coins du monde... des mondes qui n’existent pas.

Sa rencontre avec le slam ? Fiestival Réévolution XII de Bruxelles ! Expériences en France, Panama, d'ouest en est..

Jonglant entre les langues, français, espagnol, anglais. Jonglant avec les genres, poésie, slam, récit. 

Kev la Raj cherche à toucher le cœur des yeux curieux et des oreilles attentives. oh


-"13ème lune - Poésie", Kev la Raj, Maelstrom, 2022

Vendredi 09 décembre 2022, librairie, 18h : revue contre-attaque

Nous invitons à rencontrer et bien sûr à discuter avec les auteurEs de la nouvelle revue Contre Attaque.

IssuEs de la célèbre page Facebook Nantes Révoltée, active depuis une dizaine d'années, les auteurEs préviennent et donnent le ton de la revue : "L’heure n’est pas à la résignation mais à la contre-attaque : politique, matérielle, culturelle, artistique…". 

Iels précisent d'ailleurs s'inscrire dans "le long sillage tracé par les Enragés de 1793 et ceux de la Commune, l'histoire de la résistance antifasciste et les luttes anti-coloniales (...) Le répertoire des résistances dans lesquelles nous pouvons puiser des forces et des idées est gigantesque et sublime".

Faire relais, soutenir initiatives et luttes, documenter, voilà les enjeux et l'horizon politique qu'iels se sont accordéEs.

Et, le taf est fait !

Mercredi 07 décembre 2022, librairie, 19h : Antoine Seiter, Marc Faysse et les éditions nouveau palais

Troisième livre de cette nouvelle maison d'édition de photographies documentaires aux volontés esthétiques et politiques que nous suivons avec attention :


"Antoine Seiter est né dans un village du Loir-et-Cher. Pendant ses études, il revient régulièrement chez ses parents et commence à photographier sa sœur cadette, Julia (J). Le projet, débuté en 2008 se poursuit encore aujourd'hui. Ce livre imprime une étape, une douzaine d'années témoignant de l'enfance, l'adolescence et du passage à l'âge adulte de sa sœur. La séquence est marquée par un accident, les changements du corps et le travail. Elle témoigne surtout de la relation entre le photographe et sa sœur. Ce face à face nous dévoile les multiples facettes de son visage, l'ouvert et le fermé. C’est à dire la capacité du visage à se connaître, reconnaître et dialoguer avec l'autre.

C'est également d'altérité qu'il est question dans la nouvelle de Marc Faysse, autre versant du livre. L'auteur propose une histoire d'amour estivale entre deux jeunes hommes, Achille (A), c'est lui le narrateur, et Augustin. L'ambivalence de la nouvelle réside dans la façon dont les interactions entre Achille et Augustin témoignent de leurs sentiments mais aussi de leurs choix de vie. La fierté homosexuelle d'Achille est un vecteur d'émancipation qui finit par avoir raison de l'idylle amoureuse.

Achille rejoint Julia, en plongeant dans l'âge adulte, il et elle nous questionnent dans notre rapport au monde."  


>> Extraits


-"J&A", Antoine Seiter et Marc Faysse, éditions Nouveau Palais, 2022

Samedi 03 décembre 2023, librairie, 18h : Stéphane Padovani

Stéphane Padovani viendra nous lire des extraits et discuter de son dernier roman où il inscrit les parcours de trois jumeaux trentenaires dans les questions du temps présent.

 

-"Autour de nous", Stéphane Padovani, éditions La Vilaine Editrice, 2022

Jeudi 01 décembre 2022, librairie, 18h : Christine Lapostolle

Une narratrice décrit ce qu’elle voit depuis une fenêtre de son appartement. Elle habite à Brest. La fenêtre donne sur la rue, la gare, le port industriel, la mer, la presqu’île d’en face. Elle regarde et observe : le ciel, les vents, les pluies, l’océan, le rayon de soleil qui brusquement fait chatoyer cette toute petite fraction du monde, du vaste monde où s’entrecroisent, se mêlent, se heurtent, s’ignorent, se rencontrent les flux de nos vies. Le texte suit le fil des jours et des saisons et peu à peu, indirectement, à travers ce qu’elle voit et décrit, la spectatrice se raconte. Livre singulier et miraculeux car il suffit de regarder et de dire ce que l’on a vu pour que le monde se déploie et avec lui le « je » qui nous y donne accès.

L'auteurE présente et discute de son livre, des lecteur.ices seront invitéEs à en lire des extraits.


>> Un site passionnant que l'auteurE a construit et où elle recueille des témoignages sur les métiers vus par celleux qui les exercent.


-"Temps permettant", Christine Lapostolle, éditions MF, 2022

Samedi 26 novembre 2022, librairie, à partir de 12h : Maëlle de Coux 

En retour de marché, Maëlle de Coux vient nous parler des ses images, de ses divers savoir-faire et de sa démarche de plasticienne dont les travaux sont édités chez Artfolage.

Basée à La Rochelle, Artfolage est une petite maison dont la singularité et la pertinence sont contenues dans une ligne éditoriale qui cherche à réunir dans un livre de petit format deux visions d'un même lieu, alliant textes et images.

Maëlle de Coux est multi-coiffes, plasticienne, brodeuse, collagiste, collectionneuse, voyageuse. Elle réalise des carnets d’images où se mêlent divers glanages du quotidien (dessins, photographies, herbiers, images d’actualités, textes littéraires ou conversations saisies au passage).

Kérity, son dernier livre illustré, est une vivifiante chronique estivale de la rencontre, entre l'auteurE et la conteuse bigoudène Yveline Méhat à Kérity Penmarch' !


-"Kérity-Chronique subjective et capricieuse", Maëlle de Coux et Yveline Méhat , éditions Artfolage, 2022

Jeudi 24 novembre 2022, Jeu de Paume (en face de la librairie), 18h : Lucile Peytavin  

Presque une année après sa venue à la librairie, nous réinvitons Lucile Peytavin 

riche de ses multiples rencontres et interventions depuis la parution de son livre qui questionne la virilité, ses coûts pour la société et naturellement le système d'organisation patriarcale dans son ensemble.

Si nous avons choisi de lui proposer à nouveau une rencontre, c'est d'abord pour l'interroger et discuter de la notion de violence qu'elle aborde d'ailleurs dans l'un des chapitres de son livre.

La violence est-elle genrée, nait-on violent, comment le devient -on ?

Ces questionnements sont bien évidemment à mettre en écho avec la date du 25 novembre, journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.


-"Le coût de la virilité. Ce que la France économiserait si les hommes se comportaient comme les femmes",  Lucile Peytavin, Anne Carrière, 2021

Mardi 15 novembre 2022, Jeu de Paume (en face de la librairie), 18h : Jean Denis Vigne

Jean Denis Vigne vient présenter et apporter un éclairage sur la somme des multiples études menées au sein du Muséum national d'histoire naturelle et réunies dans ce livre dont il assure la codirection avec Bruno David. 
Cette première esquisse donnera lieu durant l'année prochaine à une série de 4 rencontres avec certainEs des auteurEs d'articles d'un ouvrage collectif qui s'avère d'une rare richesse.

"La Terre s’est formée il y a 4,5 milliards d’années mais nous ne le savons que depuis la seconde partie du XXe siècle. Alors que nous recensions quelques milliers d’espèces au milieu du XVIIIe siècle, on en identifie aujourd’hui deux millions, et l’on estime que ce nombre ne représente que 20 % de la richesse totale encore à décrire ! Quant à l’humain, si l’on pensait que son histoire se résumait à une succession de deux ou trois espèces sur deux millions d’années, on découvre aujourd’hui que dix fois plus d’espèces d’hominines ont existé, sur sept millions d’années. Chaque découverte augmente le niveau de complexité de ce que l’on sait et élargit le périmètre de ce qu’il reste à connaître.
La vitalité de la recherche bénéficie de multiples évolutions techniques, méthodologiques et conceptuelles. Si l’histoire naturelle favorise depuis toujours les approches interdisciplinaires, quelques-unes – comme la cosmochimie, l’archéozoologie ou encore la paléogénétique – ont connu un grand élan ces dernières décennies. Le perfectionnement des outils de mesure, de l’imagerie scientifique ou des instruments de séquençage génétique donne un nouveau souffle à des études engagées de longue date. Enfin, de nouvelles façons de faire et de penser émergent, comme en témoignent l’essor des sciences participatives et l’apparition de nouveaux concepts (holobionte, anthropocène, One Health, etc.).
Voici un aperçu des foisonnants travaux menés au Muséum national d’histoire naturelle, qui remettent en cause la façon dont chacun d’entre nous se situe dans l’univers, dans la nature, dans la société. Des premiers indices de vies aux biofilms des caniveaux urbains, les contributions ici réunies relatent d’étonnantes petites et grandes découvertes. Entre miscellanées et synthèse, cet ouvrage donne à voir la diversité d’un patrimoine qu’il nous incombe de découvrir et de défendre." 

-"La Terre, le vivant, les humains - Petites et grandes découvertes de l'histoire naturelle", éditions La Découverte, 2022

>> Extraits : ici

Mercredi 19 octobre 2022, librairie, 17h : Caroline Petitat Robet

Volontaire depuis 1979 à ATD Quart Monde, Caroline Petitat-Robet relate son engagement et l’importance des rencontres dans son dernier livre "Vers l’autre".

Ses quarante années d’engagement, dit-elle, l’ont fait avancer "dans un élan vers l’autre et réfléchir sur le monde d’aujourd’hui, dans lequel il existe des barrières créées par la peur de l’autre".


-"Vers l'autre", éditions Torticolis et Frères, 2022

 la minuscule galerie a le plaisir de vous présenter :


Bon Placement

de
Fanny Garcia et Jack Usine 


Du 8 octobre au 24 novembre 
Vernissage "Retour de marché" le 8 octobre à midi.


Fanny Garcia & Jack Usine investiront la minuscule galerie avec une création “ricochet” de l’exposition Papiers Paradis aux Ateliers du Vent. Un soupçon de criminalité en col-blanc et d’humour noir dans une installation à 4 mains mêlant lettrages, couture et point de croix. Cette exposition a lieu dans le cadre du festival Le Marché Noir

Fanny Garcia et Jack Usine vivent et travaillent à Castillon-la-Bataille Gironde profonde. Depuis le début des années 2000 ils s’amusent à développer ensemble une production tout-terrain à la frontière du graphisme de l’art et de l’artisanat entre intervention dans l’espace public micro-éditions et graphisme de commande.




la minuscule galerie chez Planète Io
7, rue Saint Louis à Rennes
06.11.16.75.25
laminuscule.blogspot.fr

Jeudi 6 octobre 2022, librairie, 18h : Mathieu Blard

L'écrivain et journaliste Mathieu Blard nous revient avec un nouveau roman percutant :


"Et si les rôles étaient inversés? Que les femmes prennent le pouvoir et imposent leurs droits, même par la force?

Trois jeunes femmes aux origines sociales différentes. Trois destinées brisées qui se rejoignent, liées par un même constat : elles sont victimes de leur genre. Ensemble, elles décident de se révolter et de rendre coup pour coup. Chasse aux hommes sexistes, expéditions punitives, escalade de la violence, leurs actions font du bruit. Un véritable mouvement, désorganisé et révolutionnaire, se généralise dans tout."


-"#DÉFONCE ton porc", éditions LBS, 2022

Mercredi 5 octobre 2022, jeu de paume, 18h : René Peron et Yves-Marie Le Lay

René Peron est d'abord animateur socioculturel, sociologue, auteur d'un essai pertinent sur l'invasion des grandes surfaces, et également, entre diverses fonctions institutionnelles, un étonnant artiste de land art. C'est à ce titre que nos partenaires du jeu de paume lui consacrent une exposition : "L'oracle des estrans". 

L'artiste plasticien-photographe nous montre ses os de seiche qu'il a minutieusement sculptés après les avoir prélevés dans ces grands biotopes d'estrans. Au delà de leurs beautés les os-sculpture nous disent aussi un avenir pas si incertain et très proche des conclusions du fameux GIEC. Le soin à la planète est devenu une nécessité impossible sans un changement radical de système. Ici nous ne pointerons pas les industries d'extraction mais un mode de production agricole intensif dont les déchets sous forme de marées vertes souillent, blessent et détruisent les êtres vivants des estrans que sont les plages bretonnes.

Notre proposition alors est d'organiser une rencontre en forme de discussion entre deux témoins assidus des bords de mer et militants écologistes au long cours, René Péron et Yves-Marie Le Lay, autour de l'ouvrage que ce dernier consacre aux algues vertes. 


-"Algues vertes, un scandale d’Etat-nitrates et gaz toxiques-50 ans de déni", Yves-Marie Le Lay, éditions Libre & Solidaire, 2020


>> Voir entretien d'Yves-Marie Le Lay


-"Les boîtes-Les grandes surfaces dans la ville", René Peron, éditions Atalante, 2004)

Samedi 1er octobre 2022, 5e édition du Village des possibles (mail François Mitterrand, Rennes), grande scène, 18h : Guillaume Faburel, Yaëlle Amsellem-Mainguy et divers intervenantEs


Sous l'intitulé,"Le malaise des jeunes en milieu rural", nous proposons de discuter des "ruralités", l'une des lignes que nous avons choisi de dessiner via des rencontres avec des auteurEs, des choix de livres et la création cette année d'un groupe de réflexion sur la question.

Nous invitons donc deux auteurEs, Guillaume Faburel et Yaëlle Amsellem-Mainguy, et quelques-unEs des participantEs de notre groupe à réfléchir et discuter des habitants des espaces ruraux et singulièrement de sa jeunesse.


Guillaume Faburel est professeur à l’Université Lyon 2, et enseignant dans les Instituts d’Etudes Politiques de Lyon et de Rennes.

Yaëlle Amsellem-Mainguy est sociologue et chargée d'études et de recherche à l'Institut National de la Jeunesse et de l'Education Populaire (Injep).


-"Les métropoles barbares. Démondialiser la ville, désurbaniser la terre", Guillaume Faburel, éditions Le Passager Clandestin, 2019

-"Pour en finir avec les grandes villes. Manifeste pour une société écologique post-urbaine", Guillaume Faburel, éditions Le Passager Clandestin, 2020


-"Les filles du coin - Vivre et grandir en milieu rural", Yaëlle Amsellem-Mainguy, éditions Presse de Sciences Po, 2021


Jeudi 29 septembre 2022, jeu de paume, 18h : Anselm Jappe

Nous recevons à nouveau Anselm Jappe, philosophe et théoricien de "la nouvelle critique de la valeur" (la Wertkritik de Robert Kurtz) qui poursuit sa critique radicale et fondamentale  du capitalisme avec deux nouveaux livres parus ces deux dernières années.

Avec "Sous le soleil noir du capital", il examine toujours avec acuité des thèmes apparemment disparates mais qui relèvent d'une même critique radicale du capital : la littérature, le mythe du bandit, la simplicité volontaire, le culte de Sade, les musées et l'art contemporain, l'architecture, l'anticapitalisme tronqué, le romantisme révolutionnaire et l'importance de William Morris.

Son livre sur le béton (armé !, ndlr) est tout à fait explicite et pertinent dans l'articulation et la construction d'une critique du capitalisme "car ce matériau, précise Jappe, typique de la modernité, est l’expression de sa logique profonde : on le croit éternel, mais son obsolescence est rapide – souvent après le remboursement de l’emprunt pour construire l’habitation, d’ailleurs – et il est l’exemple du cycle accéléré de production, de consommation et d’échange de notre système économique. Il y a donc une sorte d’isomorphisme entre le béton et la culture industrielle et capitaliste". Il ajoute que son intention dans cet ouvrage "est d’aller au-delà et de pointer la façon dont le béton a contribué à détruire la richesse millénaire des architectures traditionnelles et à appauvrir le monde en le rendant uniforme et monotone.", entretien accordé à Marianne le 02.01.2021.


-"Béton-Arme de construction massive du captitalisme", éditions L’Échappée, 2020

-"Sous le soleil noir du capital-Chroniques d'une ère de ténèbres", éditions Crise & Critique, 2021

Jeudi 22 septembre 2022, librairie, 18h00 : Nasrin Nabiyar

Nasrine Nabiyar est présidente de l'association "Malalay Afghanistan" dont elle présentera les actions, et évoquera la situation politique et économique du pays. L'objectif de l'association créée en 1998 est d'abord l'éducation et la formation des femmes et des filles en Afghanistan. 

L'ancienne enseignante, qu'est également Nasrine Nabiyar, avait fondée en 2002/2003, par le biais de "Malalay Afghanistan" et avec le soutien de l'ambassade de France, une école, puis un lycée pour les filles...


- À écouter sur SoundCloud : entretien avec Nasrin Nabiyar

Jeudi 15 septembre 2022, librairie, 18h30 : Martin Danes 

L'écrivain tchèque devenu rennais, revient sur le parcours de son illustre prédécesseur, Milan Kundera, qu'il imagine se promener une dernière fois à Paris en compagnie d'un ami tchèque, exilé de longue date comme lui et obligé par l'âge à retourner vivre à Prague, chez sa fille. Leurs dernières conversations évoquent les petits riens du quotidien, les bouleversements intervenus dans les pays de l'Est, leur exil, leur double culture, et interrogent la faiblesse des hommes...


-"Silence de vieux hiboux", éditions Douro, sept. 2022


La minuscule galerie est heureuse de vous présenter :


"Double étoffe, orange et bleu"
de
Jennifer Hugot


du 2 juillet au 2 septembre


la minuscule galerie chez Planète Io
7, rue Saint Louis à Rennes
06.11.16.75.25

laminuscule.blogspot.fr

Jeudi 30 juin 2022, Jeu de Paume (en face de la librairie), 17h00 : Jacques Rancière

La librairie invite à nouveau le philosophe Jacques Rancière, nous discuterons de son dernier livre, de sa pensée et peut-être bien aussi de Pedro Costa 😉
À propos des "trente inglorieuses" visitez le site des éditions La Fabrique avec des entretiens écrits, audios et vidéos :
 
 
-"Les Trente inglorieuses-Scènes politiques", éditions La Fabrique, 2022.


la minuscule galerie et Spéléographies ont le plaisir de vous présenter


La miniature volée
de
Matthias Picard


Du 31 mai au 26 juin
Vernissage mercredi 1er juin à 20h

Cette exposition a lieu dans le cadre de Spéléographies, biennale des écritures.
 

Jeudi 23 juin 2022, Jeu de Paume (en face de la librairie), 18h00 : Louisa Yousfi

Venez rencontrer et discuter avec Louisa Yousfi de son essai qui sonne comme une punchline !

Kateb Yacine ouvre le livre avec ces mots : "Je sens que j’ai tellement de choses à dire qu’il vaut mieux que je ne sois pas trop cultivé. Il faut que je garde une espèce de barbarie. Il faut que je reste barbare." 

Louisa Yousfi ajoute que "le sauvage précède la civilisation, tandis que le barbare vient du futur, il ne cesse d’arriver. Il est autant menace qu’espoir pour la civilisation dont il est en même temps le produit et une émanation lointaine de ses confins. Cela est lié à la condition postcoloniale, où le barbare parle la langue de l’Empire et maîtrise ses codes."


-"Rester barbare", éditions La Fabrique, 2022

Vendredi 17 juin 2022, Jeu de Paume (en face de la librairie), 18h : Daisy Letourneur

"Même l’homme le plus déconstruit du monde va continuer à profiter, même passivement, du patriarcat", dixit Daisy. On repense aux "pas nous, pas nous"..

Journaliste et militante, Daisy Letourneur propose un nouveau regard sur les masculinités. On entend souvent parler d'hommes, d'individus mais très peu des hommes en tant que classe dans un ensemble. Parce qu'en partant d'un regard féministe, on s'aperçoit que ce que l'on pensait comme une “nature masculine” n'est que mensonges. Daisy Letourneur utilise statistiques, dessins, et punchlines pour décortiquer les assertions et les préjugés qui ont longtemps été assimilé au sein de notre culture occidentale sur ce qui fait un “être homme”.


-"On ne naît pas mec - Petit traité féministe sur les masculinités", éditions Zones, 2022

Vendredi 10 juin 2022, cour intérieure de la librairie, 18h00 : Yves Drillet

Le photographe de portraits rennais Yves Drillet présente et discute de son livre "Garçon de café", un livre de photographies qui montre des jeunes gens dans leurs uniformes d'emplois précaires. Il y est question de la manière dont ils parviennent à faire face, malgré un travail éloigné de leurs aspirations. Faire face c’est chercher sa voie hors de l’institution du travail. C’est être dans une résistance, certes passive mais qui ne demande qu’à éclore. Ce travail pose plus largement la question de la précarité au travail, de la perte de sens et de l’émancipation.

Les photos de portraits sont accompagnées d'un texte de non fiction, "La peau et l’uniforme". Ce texte raconte une journée dans la peau de plusieurs jeunes exerçant des petits boulots, l’action se passe à Rennes, un samedi pluvieux. Il s’appuie sur une matière documentaire: une trentaine d’entretiens avec ces jeunes.

La rencontre sera l'occasion de discuter des emplois de services, ou des "petits boulots" et de voir les tirages originaux ;)


-"Garçon de café", éditions Nouveau Palais, 2020