Mercredi 27 novembre 2019, Rennes 2, 18h : Frédéric Lordon


Nous recevons Frédéric Lordon qui vient discuter de son dernier ouvrage « Vivre sans ? Autorité, instituions, économie… » paru aux éditions La Fabrique en octobre de cette année :

« Peut-on se passer de gouvernement, de justice, de lois et de tout ce qui veille à les appliquer ? Peut-on déserter l’économie, le travail, abolir la monnaie ? Peut-on se rendre, en somme, « ingouvernables », et vivre sans institutions qui ordonnent le collectif ? Alors que l’échec différé des expériences révolutionnaires et des tentatives réformistes laisse une grande partie de la gauche paralysée, que nos vies semblent plus que jamais saturées d’État et de capital, l’idée a le mérite de prendre la mesure de l’époque. Et son succès grandissant dans les cortèges de la jeunesse indique assez sa puissance d’attraction. Reste à vérifier si elle peut désigner une politique. Tel est le lieu du débat pour Frédéric Lordon qui entreprend, dans cette discussion, de mettre à jour les soubassements philosophiques des discours et de l’imaginaire du « vivre sans ». Il identifie ce faisant chez Deleuze, Rancière ou Badiou, les éléments d’une atmosphère intellectuelle propice à cet imaginaire, où la politique se fait rare, singulière, se cristallise dans le devenir ou dans l’Événement, devient affaire de « virtuoses » – empruntant des voies parallèles (éthique, esthétique) pour, finalement, échapper à la politique. Une « anti-politique », donc, dont on trouve l’expression la plus achevée dans la philosophie de la destitution d’Agamben, objet d’un long développement qui est aussi pour Lordon l’occasion de redéployer sa lecture de Spinoza. Pour Agamben, destituer n’est pas seulement abattre un pouvoir, c’est faire en sorte que rien ne prenne sa place… et donc que la puissance de la multitude se retienne. Impossible, répond Lordon : « la puissance de la multitude s’exerce nécessairement » et affecte les parties qui la composent. Parvenu à ce point de désaccord théorique, c’est tout l’horizon politique associé au « vivre sans », avec ses expérimentations concrètes, qui sont discutées. Un collectif peut-il se passer d’institutions ? Pas si on entend sous ce terme « toute manifestation de la puissance de la multitude ». La ZAD n’est-elle pas, sous cet aspect, une institution, avec ses normes, ses manières, sa justice ? Dès lors son existence ne donne pas tant la formule d’une « vie sans » que celle d’un gouvernement commun des conduites dictées par des affects joyeux – une forme de vie, soit une certaine configuration des institutions. Pour Lordon, au risque de malmener quelques illusions, c’est encore là la meilleure alternative à l’État du capital et à sa police. »



Vendredi 15 novembre 2019, à la librairie, à partir de 18h30 : Floréal M. Roméro

Avec « Agir ici et maintenant » (éditions Du Commun, octobre 2019), Floréal M. Roméro dresse le portrait du fondateur de l’écologie sociale et du municipalisme libertaire. Il retrace son histoire, son cheminement critique et politique. De l’Espagne au Rojava, en passant par le Chiapas, l’auteur propose, à partir d’exemples concrets, des manières d’élaborer la convergence des luttes et des alternatives pour faire germer un nouvel imaginaire comme puissance anonyme et collective.
Essai autant que manifeste, ce livre est une analyse personnelle et singulière de la pensée de Bookchin qui trouve une résonance bien au-delà de l’expérience de l’auteur. Il apporte des conseils pratiques pour sortir du capitalisme et ne pas se résigner face à l’effondrement qui vient.

Floréal M. Roméro viendra en discuter avec son éditeur Du Commun..


Mercredi 13 novembre 2019, à la librairie, à 18h30 : Mathias Poirier


Enseignant la pédagogie Freinet, Mathias Poirier détricote au cours de lecture-discussion les pensées d’auteurs qui lui sont chers. Ce fut le cas l’année dernière avec Spinoza.
Aujourd’hui, c’est autour du dernier livre de Frédéric Lordon « Vivre sans ? » (La fabrique, 2019) qu’il souhaite travailler et créer l’occasion selon lui de s'approprier une pensée qui fait dialoguer la ZAD et Spinoza.



Vendredi 08 novembre 2019, à la librairie, à partir de 18h : Marc Faysse



Avec « La communale » paru aux éditions Du Commun en avril 2019,  Marc Faysse via le regard sincère et un brin distant de son narrateur Achille signe un premier récit enthousiaste de sa période rennaise. On suit les parcours d’un groupe d’amis soudés par la militance et la joie de vivre en commun. 
Nous reviendrons notamment lors de cette rencontre sur la notion de militant avec un interlocuteur "connoisseur" des éditions Pontcerq..


Jeudi 07 novembre 2019, à la librairie, à partir de 18h : Jacques Lancier

Écrit à plusieurs mains, « Gilets jaunes, jacquerie ou révolution » traite bien évidement du large et profond mouvement social en cours.
Scénario de l’essence en 2018 : une jacquerie comme en 1548 ? Une révolution comme en 1789 ? Ou bien encore, pourquoi pas, la convocation des États généraux sans la Révolution ?
Jacques Lancier l’un des contributeurs, avec notamment le très juste Alain Lipietz, revient sur son article ("Gilets Jaunes, une lutte ouvrière décapante") et en discute avec vous.

Mardi 29 octobre 2019, librairie Planète Io, 18h: Anne Madelain


Nous accueillons avec grand intérêt, Anne Madelain chercheure associée au Centre d’études des mondes russe, caucasien et centre-européen, une habituée des mondes balkaniques qui vient nous présenter son dernier livre : « L’expérience française des Balkans, 1989-1999 » paru aux Presses Universitaire François Rabelais en juin 2019.
À l’origine de cet ouvrage, il y a le constat que les transformations et les événements qui ont traversé cette partie de l’Europe au début de la décennie 1990 ont formé un moment particulier d’opacité et de stupeur, que les lectures et les analyses postérieures n’ont pas entièrement dissipé.

Dans les années 1990, les « Balkans » réapparaissent sur la carte mentale des Européens comme un problème plus que comme une réalité géographique. La désintégration sanglante de la Yougoslavie suivant la découverte des difficultés du postcommunisme, en particulier en Roumanie, ont provoqué débats et mobilisations protéiformes dans la société française. Ce sont ces moments militants que ce livre explore, en les reliant à une histoire plus longue des relations franco-balkaniques afin de saisir la mutation d’expérience de cette fin du XXe siècle.


Jeudi 24 octobre 2019, librairie Planète Io, 18h : Christian Lemoenne

Reprise de la discussion amorcée avant les vacances avec Christian Lemoenne, professeur de communication à Rennes 2 sous l’angle cette fois-ci de la manipulation de masse.
Nous continuons donc à décrypter ce catastrophisme qui irrigue la société, cette tentation du pire, de ceux qui pensent vivre les temps de la fin ou qui envisagent désormais le monde comme une farce sinistre, une défaite prévisible, une barbarie généralisée...